10.06.2010
Climat, attention au désengagement
Marée noire dans le Golfe, crise financière, tension entre les Corées, Irak, Afghanistan, Gaza, nous avons beaucoup trop de problèmes. Pourtant, nous les avons tous crées nous-mêmes.
De temps en temps, mère Nature nous rappelle à son bon souvenir, parfois en précipitant des populations entières au fond du gouffre : comme en Haïti. Le pays s'en relèvera-t-il un jour ? C'était déjà un des plus pauvres de la planète. D'autre fois en rappelant aux Occidentaux qu'ils ne sont pas non plus à l'abri. Des émissions volcaniques exacerbées par la présence d'un glacier paralysent la circulation aérienne pendant des semaines en Europe.
Nous avons régulièrement tendance à l'oublier, mais les éléments naturels sont et resteront, et encore pour très longtemps, bien plus forts que nous. Mais nous continuons invariablement à jouer avec le feu. Nos atteintes à l'environnement et les perturbations importantes que nous infligeons à notre écosphère poussent toujours un peu plus les limites de tolérance du système vers le point de non-retour. Cela dit, nul ne peut encore prédire quand, mais un jour ou l'autre nous finirons bien par l'atteindre.
À l'image de la fuite de pétrole dans le golfe du Mexique, qu'arrivera-t-il si nous n'arrivons plus à contrôler le dégagement des émissions de gaz à effet de serre ?
Ce qui m'interpelle pour le moment, est le risque de voir reléguer aux calendes grecques la prise en charge de nos défis environnementaux, sous prétexte notamment de grave crise financière, de montée du chômage, récession et autres austérités. Si les gens commencent à se désengager par rapport aux questions environnementales, les États, eux aussi, risquent d'être encore moins motivés à s'engager dans le chemin de la décroissance. Condition incontournable pour s'éloigner du consumérisme et se rapprocher enfin du durable.
16:48 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : maree noire, crise, nature, effet de serre, decroissance
19.03.2010
Climat: Impératifs industriels versus environnementaux et humains, l'impasse?
Je suis sceptique quant à nos chances d'inverser la tendance qu'a notre société à vouloir ignorer la finitude de nos ressources ainsi que les conséquences de la surexploitation. Pourtant, le changement climatique induit par l'homme est le premier signe qu'il ne sera plus possible d'ignorer, et les conséquences des scénarios les plus extrêmes ne devraient même pas pouvoir êtres envisagés.
Or notre modèle économique occidental est justement fondé sur la croissance, c'est-à-dire sur la non-prise en compte des limites environnementales et humaines du système. Notre course au profit nous a amenés dans un monde où un milliard de personnes souffrent de la faim, pour ne parler que de ce problème. Jamais autant d'êtres humains n'ont été victime de la mainmise d'un si petit nombre sur les ressources de la planète. N'en déplaise aux tenants d'un capitalisme ultralibéral qui osent affirmer que le « pourcentage » des affamés diminue.
Et pourtant, le maintien de notre société de consommation est entièrement tributaire d'un modèle énergétique qui garantit un approvisionnement abondant et bon marché en pétrole et autres énergies fossiles. Le nucléaire, tel que nous le connaissons en tout cas, n'est absolument pas une solution à généraliser, position que je défendrai plus bas.
Une des erreurs les plus graves que nous commettons, et qui nous fait persister dans notre propension à consommer, jusqu'à satiété et même plus, est notre croyance aveugle en la capacité qu'aurait notre technologie de nous permettre de maintenir notre rythme de vie, tout en limitant très fortement nos émissions de CO2 et en diminuant notre empreinte écologique. Cette croyance indécrottable est quelque peu irrationnelle, car ces dernières années nous avons largement augmenté nos émissions de gaz à effet de serre, aggravant l'empreinte « carbone » de l'homme sur la planète.
Je pense que nous sommes un peu dans une impasse, car si nous voulions faire vivre le monde entier comme nous, il nous faudrait les ressources, en énergie et matière première, de plusieurs planètes Terre... Mais c'est sur le plan énergétique, et donc du point de vue des combustibles fossiles, que nous sommes dans la position la plus inconfortable, car nous n'avons aucune solution qui puisse remplacer le pétrole, le charbon ou le gaz, pour produire l'énergie nécessaire au maintien de notre société de surconsommation.
Quelques exemples illustreront mon propos. Donner simplement une voiture à chaque famille indienne et chinoise provoquerait une grave crise pétrolière. La captation et l'enfouissement du CO2 sont encore au stade d'étude et il n'est absolument pas prouvé que cette solution est applicable à grande échelle. La solution hydrogène n'est pas prête, car nous n'avons pas les capacités de le produire en masse sans dégagement de CO2. Le tout électrique pour les voitures poserait malgré tout le problème de rechargement des batteries du parc électrique mondial. Le tout nucléaire n'est pas une solution non plus, un beau jour l'uranium viendra à manquer, et, comment garantir une solution sûre pour les déchets (plutonium). Et je ne parle même pas de la fusion, il faudra peut-être encore un siècle pour la maîtriser de manière industrielle.
Notre modèle de société industrielle moderne, nécessite l'utilisation d'une trop grande quantité d'énergie et monopolise les ressources, y compris alimentaires, au détriment même de la majeure partie de l'humanité. Ainsi, nous nous approprions 70% des surfaces cultivées mondiales, juste pour que dans nos contrées développées, les riches puissent manger de la viande tous les jours. Autre exemple: 30% de la production de maïs aux États-Unis (l'excédent) est utilisée, non pour nourrir des hommes, mais bien pour produire du biocarburant ! En Amérique du Sud, des surfaces de plus en plus grandes (problème de déforestation et donc d'atteinte à la biodiversité) sont utilisées pour la production d'huile de palme, qui sera à son tour convertie en biocarburant. Comme toujours, le profit des multinationales passe avant l'intérêt commun, et agrandit le fossé entre pays riches et pays pauvres.
L'erreur du libéralisme à été de faire croire que la technologie pourrait toujours résoudre nos problèmes, que l'auto régulation amènerait l'équilibre, et qu'ainsi nous ne devrons pas changer notre mode de vie basé sur un luxe outrancier. Quand bien même la majeure partie de l'humanité ne pourrait jamais en bénéficier. Car je le répète, les ressources d'une seule planète n'y suffiraient pas. Il ne faudra peut-être plus longtemps pour qu'en niant la finitude de nos ressources de la sorte, nous atteignions les limites de tolérance de notre écosystème.
Nous avons été aveugles par rapport au fait d'avoir toléré qu'un sixième de la population humaine souffre de la faim, ou par rapport à la destruction de la biodiversité, certains parlent même d'extinction provoquée par l'homme. Puissions-nous voir clair avant de franchir le point de non-retour climatique. Car les conséquences humaines pourraient être catastrophiques pour les populations les plus exposées. Populations se comptant souvent comme étant déjà parmi les plus pauvres et les plus démunies.
11:21 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : faim, énergie, climat, finitude, exploitation, croissance, limite, consommation
21.01.2010
Climat: L'importance d'un débat de société multilatéral
La conclusion que Copenhague a été un fiasco principalement à cause de la crispation des États-Unis et des pays émergents est un peu facile et éclipse complètement le poids que l'opinion publique, de nos démocraties en tout cas, devrait avoir sur ce genre de débat.
Les intervenants du débat sont pour le moment pratiquement limités aux politiques et aux scientifiques. Certes, les ONG ont un rôle non négligeable, mais l'opinion publique devrait avoir plus de poids sur les débats, notamment par une plus forte mobilisation des populations. Ce à quoi l'on assiste pour le moment est presque exclusivement un dialogue direct entre les décideurs et les spécialistes. Or se sont les peuples qui sont les premiers concernés par de tels problèmes de société.
Pourtant, si les masses ont un énorme pouvoir sur nos élus, manifestement elles ne s'en servent pas assez. Sans le cri d'alarme de la communauté scientifique et le travail des ONG et autres organisations humanitaires, les lobbies industriels et financiers avaient le champ complètement libre. Et l'avis des spécialistes n'aurait pas pesé bien lourd. À mon sens, nos élus auraient dû monter au front un petit peu plus stressé par leur opinion publique respective. En effet, si la mobilisation était énorme à Copenhague même, les masses restées au pays ont fait montre d'un intérêt tout relatif par rapport aux enjeux dans la balance, à savoir l'avenir du climat.
Le problème tient sans doute principalement dans le fossé qui est en train de se creuser entre, d'une part un système éducatif de moins en moins capable de former nos jeunes au sens critique, à la libre pensée (on a trop souvent l'impression que toute discipline confondue, hormis certaines élites, on se limite à former de parfaits petits consommateurs). De l'autre, les exigences de plus en plus importantes de connaissances techniques et scientifiques, mais aussi philosophiques, qui sont absolument nécessaires pour appréhender les grands défis de ce siècle.
Les connaissances, pour moi, doivent être dans les mains du plus grand nombre. Quelque part, face au problème d'un système de société qui n'est pas (n'est plus, n'a jamais été?) compatible avec la planète, on a démontré la limite et le danger de l'élitisme. En effet, comment cette même élite, issue de ce système, pourrait-elle condamner ce de quoi elle découle? C'est-à-dire condamner l'essence même de sa propre nature, un capitalisme intransigeant qui ne peut se remettre en question, et dont le moteur est une course aveugle vers le profit, et ce quelque soit les conséquences pour l'environnement ou, mais les deux sont liés, pour la condition humaine des populations les plus démunies.
21:09 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : copenhague, politique, scientifique, ong, débat, climat, environnement, population, capitalisme, education



